Masqués par le vacarme entourant le choc pétrolier, les prix de l’acier connaissent pourtant eux aussi une inflation sans précédent ces derniers mois. Aux
«On savait que les prix allaient progresser mais à tel point, jamais… L’industrie traverse une époque très particulière, on ne peut plus se fier aux méthodes de pronostics classiques», s’étonne celui qui supervise l’exportation des huit dixièmes de la production de Metinvest Group via un réseau de négoce centré à Genève.
Demande en hausse de 30%
En un an, ce dernier a fait face à une envolée de 30% de la demande en produits
Cette inflation, qui concerne toute la gamme, profite aux géants du secteur. Le numéro un ArcelorMittal a ainsi annoncé il y a deux semaines des ventes en progression de 22% sur le premier trimestre. L’allemand ThyssenKrupp (TKA.XE) a de son côté relevé deux fois ses tarifs cette année, afin de répercuter sur ses clients l’envolée de sa facture de minerais de fer et de charbon.
Même le nucléaire est touché
Pour l’aciériste ukrainien, le fer n’est pas un problème: le groupe en produit… et en exporte. «Son prix a augmenté de 65 à 87% selon le type de minerai vendu», poursuit un responsable de Metinvest International. Sur le charbon coke en revanche — importé de Russie — les tarifs ont «pratiquement doublé» cette année. Une situation qui explique pourquoi Arcelor (LOR.PA) Mittal n’a pas lésiné sur les moyens pour s’offrir, la semaine dernière, une part des mines de charbon australiennes Mac Arthur.
Comme celle du pétrole, cette inflation de l’acier se propage à tous les secteurs industriels. Automobile ou BTP viennent immédiatement à l’esprit. Même le nucléaire est touché. Selon le Wall Street Journal, le coût de construction d’une centrale nucléaire atteint maintenant 5 à 12 milliards de dollars aux
Pierre-Alexandre Sallier
Le Temps —